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Wednesday, June 19, 2024

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Niger : La Junte Militaire Annule Les Accords Militaires Avec La France

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La junte militaire du Niger a annulé jeudi un grand nombre d’accords de coopération militaire avec la France. Cette décision pourrait rendre plus difficile la lutte contre les insurgés islamistes dans un pays où le président démocratique Mohamed Bazoum a été renversé une semaine auparavant. 

Le Niger est entouré de pays comme le Burkina Faso et le Mali en Afrique de l’Ouest, où les coups d’État militaires sont monnaie courante. Comme ses voisins, le coup d’État militaire du Niger a eu lieu alors que le ressentiment des citoyens à l’égard de la France augmentait et que les partisans de la junte lançaient des slogans contre eux, tout en détruisant la plaque portant l’inscription “Ambassade de France”.  Certains d’entre eux ont également allégué que la France, ancienne puissance coloniale, s’immisçait dans les affaires du Niger. 

Pour lutter contre l’insurrection des organisations affiliées à Al-Qaïda et à l’État islamique qui a déstabilisé la région du Sahel en Afrique de l’Ouest, la France a déployé entre 1 000 et 1 500 soldats au Niger.

Jeudi en fin de journée, Amadou Abdramane, délégué de la junte, a lu une résolution concernant l’annulation de cinq accords militaires avec la France, couvrant la période 1977-2020. M. Abdramane a déclaré que la France en serait informée par voie diplomatique. 

À la suite du renversement de Bazoum, le huitième coup d’État en Afrique occidentale et centrale depuis 2020, les alliés régionaux et occidentaux du Niger, en particulier la France, ont appliqué des sanctions sévères pour obliger les putschistes à rétablir l’ordre constitutionnel.

L’ancien commandant de la garde présidentielle du Niger, le chef de la junte Abdourahamane Tiani, a clairement indiqué qu’il ne ferait pas marche arrière.

Bien que les données sur les attaques dans le pays montrent que la sécurité s’est en fait améliorée, Tiani a utilisé l’instabilité persistante comme principal prétexte pour prendre le pouvoir, ce qui lui a valu le soutien des juntes du Mali et du Burkina Faso.

L’ancien président Bazoum a déclaré qu’il était un otage et a exhorté la communauté internationale à rétablir l’État de droit dans un article d’opinion paru jeudi dans le Washington Post. “Ce coup d’État, lancé contre mon gouvernement par une faction de l’armée le 26 juillet, n’a aucune justification. S’il réussit, il aura des conséquences dévastatrices pour notre pays, notre région et le monde entier”, a-t-il écrit.

Plus tôt dans la journée de jeudi, le Niger a interdit la diffusion des chaînes d’information internationale France 24 et RFI, financées par l’État français, une décision dénoncée par le ministère français des affaires étrangères comme un nouvel exemple de l’hostilité de la junte à l’égard de ses anciens partenaires.

Cette mesure n’est pas sans rappeler les mesures de répression similaires prises à l’encontre des médias français par les juntes du Mali et du Burkina Faso, qui ont toutes deux expulsé les troupes françaises, dont une grande partie est aujourd’hui stationnée au Niger.

Des centaines de manifestants ont dénoncé jeudi à Niamey, la capitale nigérienne, les pressions étrangères exercées sur les putschistes. Outre les sanctions, la principale organisation régionale, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), a averti que si les soldats ne ramenaient pas Bazoum au pouvoir d’ici dimanche, elle pourrait autoriser le recours à la force.

La junte a annoncé jeudi que les forces armées nigériennes riposteraient immédiatement et sans préavis à tout État membre de la CEDEAO, à l’exception de ceux qui sont amis du Niger, en réponse à toute agression ou tentative d’agression de la part de la CEDEAO.

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