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Wednesday, June 19, 2024

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Le Cardinal Piat Fait Etat De Sa Tristesse Et De Son Inquiétude Pour Le Pays

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Au moment d’entrer dans la Semaine Sainte, le Cardinal Piat s’est inspiré de l’image de Jésus qui pleure devant la ville de Jérusalem pour dire sa tristesse devant notre pays où « les fondations de notre démocratie sont ébranlées ». Le Cardinal Piat fait part de sa souffrance pour le pays et exprime son inquiétude concernant la prolifération de la drogue et l’indépendance des institutions. Mgr Maurice E. Piat évoque spécifiquement les interrogations autour d’un dossier brûlant d’actualité, sur le trafic de drogue.

Nous proposons ci-dessous des extraits du message :

« Moi aussi je suis triste, je pleure quand je regarde mon pays. Tout le monde désire et recherche la paix dans notre pays. Mais comment pourrons-nous avoir la paix dans une démocratie lorsqu’il y a un manque de respect pour la séparation des pouvoirs. Je pleure quand je vois que l’indépendance des institutions est menacée, que les fondations de notre démocratie sont ébranlées » déclare le cardinal.

«  Comment pouvons-nous avoir la paix lorsqu’une communauté est insultée par un chant méprisant à leur encontre ? J’avoue que je suis triste et inquiet pour mon pays lorsque je vois que l’injustice et la corruption sont tolérées. Prenons le cas de quelqu’un qui a été accusé, condamné pour le trafic de la drogue à La Réunion. Les autorités réunionnaises envoient un dossier à Maurice pour en informer les autorités locales et leur demander de faire le nécessaire et ce dossier reste dans un tiroir pendant un an et demi !

Pendant ce temps, imaginons la quantité de drogue qui est rentrée à Maurice, le nombre de jeunes qui ont vu leur vie détruite à cause de ça, combien de papas et de mamans pleurent et souffrent ? de plus, la corruption menace sérieusement l’indépendance de la police et malheureusement (même s’il y a de bons éléments intègres dans la police) la confiance de la population envers les forces de l’ordre est ébranlée. Or, la confiance est la clé pour la stabilité sociale dans un pays.

Quand je vois tout cela, j’ai envie de pleurer. Certes, il y a beaucoup de côtés positifs, de vraies valeurs dans notre pays, mais je pleure parce que justement ces valeurs, la dignité et la beauté de notre pays se dégradent.

Comme Jésus, dit-il « nous aussi nous ne pouvons pas, du haut de notre balcon, regarder ce qui se passe, manz pistas get cinema, et nous contenter de partager des commentaires sur les réseaux sociaux. Nous ne pouvons pas rester spectateurs. Nous devons devenirs des acteurs et apporter notre contribution pour la paix dans notre pays. Nous devons le faire par amour pour notre patrie, pas pour notre intérêt personnel. Sans l’amour de notre pays, sans engagement de notre part, notre pays sombrera. »

Pour avoir le courage de devenir acteurs, nous devons avoir un sentiment d’appartenance au peuple mauricien, nous devons sentir que nous avons une destinée commune et que nous sommes solidaires. Même si nous avons des origines ethniques différentes, même si nos ancêtres ont débarqué à Maurice dans des conditions différentes – certains dans la souffrance et d’autres dans de meilleures conditions -, chaque groupe a contribué, à sa manière, à la construction du pays. »

Il ajoute : « C’est pourquoi aujourd’hui nous devons être reconnaissants les uns envers les autres ; nous devons aimer ce peuple et toutes ses composantes, avec ses différences, ses faiblesses, ses valeurs. L’aimer pas seulement quand nous gagnons une compétition sportive mais l’aimer avec le désir de nous engager pour soigner ses maladies, soulager ses souffrances. Donner un coup de main pour le faire avancer comme un peuple digne.

Etre artisan de paix aujourd’hui dans notre pays veut dire non pas seulement dénoncer la corruption et l’injustice mais aussi ne pas nous laisser tenter nous-même par l’argent facile, l’argent sale, les passe-droits.

Notre rôle est aussi de prendre des initiatives positives où des personnes de différentes communautés peuvent collaborer dans des projets de solidarité comme Lakaz l’Espwar à Solitude ou comme « Foodwise », ou des projets écologiques comme « Tiny Forests » ou des projets de potagers communautaires comme à Ferney, ou encore des projets de remedial education et d’accompagnement scolaire.

Ces petites initiatives nous montrent concrètement qu’une autre île Maurice est possible, lorsqu’un accueil mutuel entre communautés, une solidarité, un travail en commun sont possibles et existent. Malheureusement, cette facette de l’île Maurice est souvent endormie ; notre responsabilité est de la réveiller et de montrer concrètement comment cette manière de vivre apporte la paix, la joie, le développement, la dignité. »

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