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Tuesday, February 27, 2024

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La Monnaie Numérique De La Banque Centrale Et Le Cadre De La Politique Monétaire

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Cet article jettera de la lumière sur la perspective de l’objectif de politique monétaire et de la CBDC. L’une des hypothèses de base que j’ai formulé dans cet article est que la CBDC est universellement accessible et qu’il n’y a pas d’hypothèses sur les limites de transaction. L’adoption généralisée de moyens de paiement alternatifs non libellés dans la monnaie nationale affaiblirait la transmission de la politique monétaire car la banque centrale aurait une influence sur une plus petite partie de l’économie. Cette considération est particulièrement importante si les fournisseurs des moyens de paiement alternatifs ont des intérêts qui ne sont pas conformes aux objectifs de la banque centrale. Dans ce cas, la banque centrale peut être contrainte de répondre à la politique du fournisseur de moyens de paiement alternatifs. Cela pourrait accroître les contraintes et réduire l’efficacité de la politique monétaire de la banque centrale. Une CBDC, si elle est conçue de manière appropriée, pourrait contrer l’adoption de moyens de paiement alternatifs. L’adoption généralisée de nouveaux moyens de paiement libellés dans la monnaie nationale ne menacerait pas la capacité de la banque centrale à mettre en œuvre la politique monétaire – même si cette adoption s’accompagnait d’une baisse de la demande d’espèces. Avec ou sans espèces en circulation, la politique monétaire peut être mise en œuvre tant que les prestataires de services de paiement demandent l’actif de règlement contrôlé par la banque centrale.

Au cours des dernières décennies, les banques centrales du monde entier ont mis en place des systèmes de règlement brut en temps réel (RTGS). Un nombre croissant de juridictions ont mis en place des services de paiement rapide (FPS) pour les particuliers, qui permettent le règlement instantané des paiements entre les ménages et les entreprises, 24 heures sur 24. Les FPS soutiennent également un écosystème dynamique de banques et de fournisseurs de services de paiement non bancaires, par exemple l’interface de paiement unifiée (UPI) en Inde. Les exigences en matière de paiements de détail évoluent, avec une diminution des transactions en espèces et une évolution vers les paiements numériques, en particulier depuis le début de la pandémie de Covid-19.

Digital Payments

De nombreuses banques centrales sont activement engagées dans des travaux sur les CBDC en tant que représentation avancée de la monnaie de banque centrale pour l’économie numérique. Le fondement du système monétaire est la confiance dans la monnaie. Comme la banque centrale fournit l’unité de compte ultime, cette confiance est fondée sur la confiance dans la banque centrale elle-même. Les banques centrales sont des institutions publiques responsables qui jouent un rôle central dans les systèmes de paiement, tant de gros que de détail. Elles fournissent le moyen de paiement ultime pour les banques (réserves bancaires), et un moyen très pratique et visible pour le public (espèces). En outre, en tant qu’opérateurs, superviseurs et catalyseurs, elles poursuivent des objectifs d’intérêt public essentiels dans le domaine des paiements : sécurité, intégrité, efficacité et accès.

Selon moi, les CBDC sont mieux conçues dans le cadre d’un système à deux niveaux, où la banque centrale et le secteur privé jouent chacun leur rôle respectif. Une étape logique dans leur conception consiste à déléguer la majorité des tâches opérationnelles et des activités liées aux consommateurs aux banques commerciales et aux prestataires de services de paiement (PSP) non bancaires qui fournissent des services de détail sur un pied d’égalité avec la concurrence. Pendant ce temps, la banque centrale peut se concentrer sur le fonctionnement du cœur du système. Elle garantit la stabilité de la valeur, assure l’élasticité de l’offre globale de monnaie et supervise la sécurité globale du système.

Selon les spécificités de la conception de la CBDC, il pourrait y avoir plusieurs conséquences sur la mise en œuvre de la politique monétaire. Je soulignerai trois dimensions cruciales à prendre en compte avant le lancement de la CBDC dans une juridiction donnée : la configuration des liquidités, les taux directeurs et l’accès au bilan de la banque centrale. La conception de la CBDC doit permettre d’éviter tout risque de transfert soudain et important des dépôts bancaires vers la CBDC. Celle-ci pourrait toujours se substituer à une partie limitée des dépôts des particuliers, par le biais d’une augmentation de ce que nous appelons dans le jargon des banques centrales les ” facteurs autonomes “, c’est-à-dire un élément non lié à la politique monétaire mais affectant la situation de liquidité du système bancaire. Une opération d’apport ou de retrait de liquidité devrait rester disponible à tout moment pour que les banques centrales puissent choisir d’opérer dans le cadre de mise en œuvre de la politique monétaire qu’elles choisissent, même en cas de lancement d’une CBDC. Une CBDC réussie devrait être suffisamment attrayante pour être utilisée par les ménages et les entreprises dans leurs paiements quotidiens. Toutefois, elle devrait éviter le risque susmentionné de transferts excessifs des dépôts bancaires vers les comptes CBDC, ce qui entraînerait une désintermédiation bancaire non souhaitée et une possible déstabilisation du système financier. Un équilibre doit être trouvé pour atteindre ces deux objectifs. Un modèle consisterait à ne pas limiter le montant des avoirs en CBDC, mais à appliquer un taux de rémunération différencié au-delà d’un certain seuil (ce que l’on appelle une “rémunération différenciée des CBDC”), ce qui découragerait les gros avoirs en CBDC. Il conviendrait d’articuler un nouveau taux de rémunération avec les taux directeurs actuels et de déterminer s’il y a lieu de modifier certains paramètres de la CBDC en même temps que les taux directeurs des banques centrales. En fonction de son attrait et de ses spécifications détaillées, une CBDC pourrait susciter une demande de la part des acteurs financiers, qui n’ont généralement pas accès à la monnaie de banque centrale (fonds communs de placement, compagnies d’assurance), pour pouvoir effectuer des règlements en CBDC. Cela pourrait également soulever des questions liées aux modalités d’accès au bilan de la banque centrale. En tant qu’une banque centrale, dans le cadre de son mandat de stabilité monétaire et financière, elle a un rôle à jouer pour s’assurer que la numérisation devienne une bénédiction et non une malédiction. La volonté d’émettre une CBDC peut s’avérer un levier important à cette fin.

Contribution de –

chiragra

Dr.Chiragra Chakrabarty

([email protected])

CEO-KATIC CONSULTING LTD

*Les opinions exprimées sont personnelles.

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