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Friday, May 31, 2024

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Dépréciation Et Pénurie Des Devises Etrangères : XLD Insiste, Padayachy Persiste !

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La pénurie des devises étrangères fait débat. L’ancien Grand Argentier et l’actuel Grand Argentier se sont crêpés les chignons lors des PNQ sur la chute des devises étrangères, estimés délibérés, ainsi que le pouvoir d’achat du mauricien.  Xavier Luc Duval a élaboré ses interrogations et analyses lors de sa conférence de presse accoutumée, suivant sa PNQ.

Situation générale

La pénurie des devises sur le marché locale et la dépréciation de la roupie, étaient les axes des questions à Renganaden Padayachy, le ministre des Finances. Et les interrogations autour de la situation générale dans le pays se résument en la suivante, « Est-ce que la Banque de Maurice a procédé à une dépréciation délibérée pour augmenter la recette fiscale sur l’importation la TVA et la taxe douanière, ainsi créer cette cherté de la vie ? » Le constat est que le dollar américain coutait Rs 35 en 2020 et Rs 43.15 en 2022. Plus de trois quarts des produits consommés à Maurice proviennent de l’importation ou sinon, les matières premières. L’observation sur la dépréciation depuis 2015 est à la hauteur de Rs 40%. D’autre part, les importateurs attestent qu’il y a une pénurie des devises étrangère, qui engendre une baisse dans leurs importations par 25%.

Attaque et contre-attaque

L’attaque de Xavier Luc Duval était frontale : « Will he state the measures, if any, that Government and the Bank of Mauritius, propose to take to reverse the ongoing fall in the exchange rate of the Rupee vis à vis the US dollar and the ensuing scarcity of this currency in commercial banks in Mauritius ? »
Renganaden Padayachy, le Ministre des Finances, de la Planification Economique et du Développement a étayé la situation dans son argumentaire depuis 2012 où l’économie mondiale ne faisait face ni à une pandémie mondiale de Covid-19 ni à la guerre. « Il n’y avait pas de confinement ou de fermeture des frontières. Le Tourisme n’était pas au plus bas. Ainsi, le niveau des devises étrangères et l’export n’étaient pas affectés. Entre 2005 et 2014, la roupie a été dévaluée de 11,2 % par un Gouvernement, qui se souciait peu du pouvoir d’achat des Mauriciens, en particulier des plus vulnérables. »

En guise de contre-attaque à XLD, il a aussi rappelé au Parlement que le Leader de l’Opposition, Xavier Luc Duval avait injecté 100 millions de dollars expressément pour dévaluer la roupie mauricienne en 2012. « En 2012 alors que le marché mondial se portait bien, le niveau de l’export et des bien services s’établissait à Rs 188,6 milliards, la roupie était passée de Rs 29, 9 en 2011 à Rs 31,2  pour le dollar américain en 2012, pour le livre sterling de Rs 46,7 à 50,3 et l’Euro de Rs 39,4 à Rs 40,9. La dévaluation était de Rs 11,2. au cours des deux années de pandémie à Maurice, où l’économie a enregistré un déficit de quelques Rs 122 milliards d’entrée de devises étrangères rien que sur l’export de biens et services », a-t-il fait comprendre.

Ainsi, il a élaboré sur le fait que Maurice a perdu environ 2,3 million d’entrée touristique en 2021, soit 1,3 million de touristes pour l’année en 2019 à 300 000 en 2020 et 180 000 en 2021. Il a rappelé que pendant la période pré-Covid, un touriste pouvait dépenser 1200 euros en moyenne. De ce qu’il en est de ses chiffres sur l’exportation, « en 2019, la recette était de Rs 191,9 milliards à Rs 128,9 milliards en 2020 et à Rs 132,9 milliards en 2021. La baisse de la valeur ajoutée brute en 2019 était de Rs 51,8 milliards et Rs 49,3 milliards en 2020 ».

Dépréciations et pénuries allégués

Revenant à la charge, Xavier-Luc Duval a tenu à savoir quelles sont les mesures prises par le Gouvernement et la Banque de Maurice (BoM) pour combattre la dépréciation de la roupie mauricienne face au dollar américain et pour contrer la pénurie de devises étrangères dans les banques commerciales.

Renganaden Padayachy a retorqué « S’il  avait vraiment une rupture de devises, est-ce que vous croyez qu’il y aurait eu tous ces produits dans les supermarchés ? Cela démontre qu’il n’y a pas de pénurie de devises », a-t-il indiqué. Il a aussi taclé « à part certains qui sont en train d’essayer un jeu spéculatif sur la valeur de la roupie et qui retiennent des devises sur leurs comptes, et c’est pour cela que vous avez des banques qui refusent de leur vendre des devises, mais en général, la Banque Centrale est en train d’approvisionner les devises ». Par la même occasion, il a dévoilé qu’il ne souhaite pas s’ingérer dans les affaires de la BoM mais que « depuis le début de la pandémie, la Banque de Maurice a vendu quelques 2,9 milliards de dollars américains sur le marché. La BoM est également intervenue sur le marché à hauteur de 25 millions de dollars à un taux apprécié de Rs 43,15 contre Rs 43,25. »

Mais Xavier Luc Duval, lors de sa conférence de presse, a insisté « qu’il y a bel et bien une pénurie de devises étrangères à Maurice, conséquence de la dépréciation de la roupie ». Il a affirmé qu’une « recapitalisation de la Banque Centrale est primordiale pour renverser la tendance. » Il a aussi réaffirmé que la roupie mauricienne a connu une dépréciation de 8 % en 5 mois depuis que Renganaden Padayachy détient le portefeuille des Finances depuis novembre 2019.

Padayachy : « Nous n’allons pas suivre les recommandations du FMI »

Le rapport du Fonds Monétaire International (FMI) 2020/21 fait état que la roupie mauricienne est surévaluée de 40%. Le Leader de l’Opposition a demandé « Est-ce que le Ministre est d’accord avec cette évaluation du FMI? » Renganaden Padayachy a fait comprendre que « bien sûr, nous devons tenir en compte la note du FMI. En tant qu’Etat Démocratique, nous recevons ces notes et recommandations, mais nous prenons nos décisions en toute indépendance… La roupie a été dévaluée, mais nous n’allons pas suivre les recommandations du FMI ». Il a soutenu ses dires en expliquant que suivant la pandémie, la BoM maintient l’appréciation de la roupie en se basant sur la reprise en force du Tourisme, en espérant la rentrée des devises étrangères.

Dans un commentaire sarcastique, Xavier Luc Duval a laissé entendre « l’espoir fait vivre la BoM, mais ne nourrit pas la population ».

Ce débat ne finira pas ici !

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