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David Snoxell : Il Est Temps Pour La Grande-Bretagne D’abandonner Son “Porte-Avions Insubmersible” Dans L’océan Indien

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David Snoxell est coordinateur de l’APPG des îles Chagos (BIOT) depuis 2008. Il a été haut-commissaire britannique à Maurice, de 2000 à 2004, et commissaire adjoint de la BIOT, de 1995 à 2007. Il a écrit un article intéressant sur le site Web du parti conservateur britannique.

L’archipel des Chagos, composé de 54 îles, autrefois administré comme une dépendance de la colonie britannique de Maurice, a été supprimé par la Grande-Bretagne en 1965, trois ans avant l’indépendance de Maurice.

Il a été rebaptisé Territoire britannique de l’océan Indien (BIOT) et ses habitants (environ 1 500) ont été déportés vers l’île Maurice et les Seychelles entre 1968 et 1973 pour faire place à une base militaire américaine sur la plus grande île, Diego Garcia. Le dépeuplement a permis au gouvernement britannique de ne pas avoir à administrer les îles et de faire un rapport annuel à l’ONU sur sa dernière colonie.

Trois îles BIOT ont été rendues aux Seychelles lors de l’indépendance en 1976, mais aucune n’a été restituée à Maurice jusqu’à présent.

Un règlement du différend sur les Chagos a peu progressé en 2021, le gouvernement britannique restant intransigeant. Les perspectives d’un règlement du conflit des Chagos sont lentes, mais un soutien constant en faveur d’un règlement global continue de se manifester au niveau international.

Je pense que non seulement un règlement est parfaitement possible mais qu’il s’en rapproche. La situation internationale a évolué et le Royaume-Uni est de plus en plus isolé, les politiciens et les fonctionnaires sont passés à autre chose et l’opprobre international croissant rend un règlement plus attrayant pour la “Grande-Bretagne globale”.

Je pars d’un raisonnement simple : lorsque les gouvernements et leurs fonctionnaires savent qu’ils ont tort et qu’ils ne peuvent plus défendre logiquement le statu quo, ils cherchent des moyens de parvenir à un compromis. Après avoir défendu pendant 30 ans le détachement des Chagos de l’île Maurice, l’existence du BIOT et le déplacement des Chagossiens, les fonctionnaires savent que les mantras habituels ne sont plus tenables et que la seule façon d’avancer est de négocier un accord.

Tout dépend de la volonté de l’ODBC de résoudre ces problèmes ou s’il préfère les laisser couver indéfiniment. L’engagement maintes fois répété de l’ODEC selon lequel les îles Chagos seront rendues à Maurice lorsqu’elles ne seront plus nécessaires à des fins de défense est erroné car les îles extérieures ne sont pas et n’ont jamais été nécessaires à la défense.

La carte officielle des Nations unies montre désormais que les Chagos font partie de l’île Maurice, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture ne reconnaît plus le Royaume-Uni comme l’État côtier, et l’Union postale universelle a décidé que le BIOT appartient à l’île Maurice et que ses timbres-poste ne sont plus valables. D’autres institutions spécialisées des Nations unies, telles que l’Union internationale des télécommunications et l’Organisation de l’aviation civile internationale, sont susceptibles de prendre des mesures similaires.

Après avoir jugé en janvier que le Royaume-Uni n’était pas l’État côtier des Chagos, le tribunal de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (UNCLOS) procédera à la délimitation de la frontière maritime entre les Maldives et Maurice. Les pressions internationales de ce type vont continuer à s’intensifier.

Il n’est pas trop tôt pour que les ODPE réfléchissent à ce qu’il adviendra de la base américaine de Diego Garcia après l’expiration de l’accord américano-britannique de 1966, en décembre 2036. Il est probable que l’ODBC réfléchisse actuellement à la marche à suivre. Je m’attendrais à ce que le nouveau commissaire au BIOT ait recommandé aux ministres que les arguments nationaux et internationaux en faveur du transfert à Maurice, qui permettrait la réinstallation, sont écrasants, que la crédibilité de la Grande-Bretagne est en jeu et que la relation bilatérale avec Maurice continuera de souffrir sans un règlement global.

Le Royaume-Uni ne nie plus que Maurice ait une revendication de souveraineté, tout en continuant à affirmer sa propre revendication. Mais des discussions constructives ne peuvent avoir lieu tant que le Royaume-Uni n’indique pas qu’il est prêt à discuter de la souveraineté, ce qu’il a refusé de faire lors des discussions précédentes. Je suggère la création, au sein de l’OCDPC, d’un “groupe Chagos” chargé de gérer les accords de transfert, le calendrier et le contenu des pourparlers, ainsi que la nomination, du côté britannique, d’une personnalité indépendante de haut niveau pour diriger les discussions diplomatiques avec Maurice.

Il doit également y avoir des discussions avec les États-Unis sur l’avenir de Diego Garcia, la fin de l’échange de notes entre le Royaume-Uni et les États-Unis de 1966 et un accord garantissant la sécurité à long terme de la base. Cela pourrait inclure le renforcement de la coopération dans l’océan Indien avec Maurice, l’Inde et l’Australie, ce qui renforcerait la nouvelle politique d’inclinaison du Royaume-Uni vers la région Indo-Pacifique. La base française de la Réunion, située à 140 miles de Maurice, pourrait également constituer un atout utile.

Diego Garcia doit finalement être rendu à Maurice, mais cela peut se faire plus lentement qu’avec les îles extérieures, qui ne seront jamais nécessaires à des fins de défense. La question de savoir si le Royaume-Uni ou les États-Unis doivent rester souverains de la base commune jusqu’à ce qu’une date de transfert soit convenue doit être discutée entre les trois parties.

La zone marine protégée (MPA) déclarée en 2010, les futures mesures de conservation et la recherche scientifique doivent être incluses dans les discussions. Le Royaume-Uni doit discuter avec les ONG de la poursuite des travaux de conservation, de la recherche et du financement, ainsi que de la nécessité d’obtenir le consentement de Maurice. Il devrait encourager l’engagement futur de ces groupes avec l’île Maurice dans la planification et le soutien. Une assistance à Maurice pour faciliter et financer la réinstallation devrait également être fournie.

Les groupes de Chagossiens à Maurice, aux Seychelles et au Royaume-Uni ont des intérêts différents, mais ils sont tous d’accord pour dire qu’ils veulent être autorisés à rentrer et à se réinstaller. Beaucoup se contenteront de visiter la terre de leurs ancêtres plutôt que de se réinstaller. Une compensation supplémentaire pourrait faire partie d’un ensemble de mesures. Quoi qu’il en soit, le gouvernement devrait convenir avec les Chagossiens de la manière de dépenser les 40 millions de livres sterling du programme d’aide de 2016 (seulement 800 000 livres sterling dépensées en cinq ans), voire de les convertir en indemnités ou de les affecter aux frais de réinstallation.

Lors de sa 85e réunion, le 20 octobre, l’APPG des îles Chagos (BIOT), qui compte des membres des sept partis politiques, dont d’anciens ministres du FCO et du DIFID, a eu du mal à comprendre pourquoi, au cours des vingt dernières années, l’OFC n’a pas voulu négocier un règlement global avec Maurice et les Chagossiens et pourquoi le Royaume-Uni continue de défier la communauté internationale au sujet des Chagos. En juillet 2019, le groupe a publié une déclaration qui : “demande instamment au prochain gouvernement britannique de respecter la volonté des Nations unies, l’avis de la Cour internationale de justice et les exigences du droit international qui, depuis la signature de la Charte des Nations unies en 1945, restent la clé de voûte de la politique étrangère du Royaume-Uni et de son engagement en faveur de l’ordre international, fondé sur la primauté du droit”.

Le gouvernement britannique pourrait parvenir à un accord qui mettrait fin à cette tragédie, rétablirait la place de la Grande-Bretagne en tant que nation de premier plan respectant l’État de droit, l’autodétermination et les droits de l’homme, et redorerait le blason du Royaume-Uni, diminué par notre incapacité prolongée à faire face à cette relique du colonialisme et de la guerre froide. Le Royaume-Uni doit accepter les verdicts de la sentence du tribunal arbitral de 2015 sur l’AMP, l’avis consultatif de la CIJ de 2019, la résolution de l’AGNU qui l’a approuvée et le tribunal de la CNUDM de 2021.

Le Royaume-Uni et Maurice pourraient alors annoncer à la prochaine session de l’Assemblée générale des Nations unies, en septembre 2022, les termes d’un accord et enregistrer cet accord auprès des Nations unies en tant que traité entre le Royaume-Uni et Maurice. Cela mettrait fin à 22 ans de litiges nationaux et internationaux qui ont coûté jusqu’à présent environ 12 millions de livres au contribuable.

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