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Budget 2022-2023 : Accélérer La Reprise Economique

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Le budget 2022-2023 fixe le cap du développement économique post-COVID. Il cherche à atteindre les objectifs suivants :

  1. Placer l’économie sur une trajectoire de croissance plus élevée pour réaliser la vision du gouvernement d’une économie à hauts revenus et hauts salaires.
  2. Croissance inclusive et justice sociale, c’est-à-dire renforcer les politiques de protection sociale pour aider les familles pauvres et de la classe moyenne à faire face à l’impact de l’inflation mondiale des denrées alimentaires et de l’énergie.
  3. Augmenter de manière significative la production alimentaire locale
  4. Accélérer la transition énergétique dans la production d’électricité et dans les transports, conformément à notre ambition de réduire de 40 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030.
  5. Poursuivre l’ouverture du pays sur le monde – Attirer davantage d’investisseurs étrangers, de touristes, de professionnels et de retraités.
  6. Stimuler l’industrie manufacturière pour soutenir des niveaux plus élevés d’exportation et de production locale.

Les mesures budgétaires s’appuient sur les premiers signes de reprise post-COVID dans tous les secteurs clés de l’économie. Elles sont conçues pour accélérer la croissance, renforcer la résilience économique et améliorer les marchés du travail.

Le ministre des finances, le Dr Renganaden Padayachy, prévoit une croissance du PIB de 8,5 % pour l’exercice 2022-2023. La part des investissements dans le PIB augmentera pour atteindre 21,2 % au cours de l’année civile 2022, contre 19,2 % l’année dernière.

Le PIB devrait atteindre son niveau pré-pandémique d’ici décembre 2022.

Des IDE d’une valeur de 20 milliards de roupies devraient affluer cette année, contre 15,4 milliards de roupies l’an dernier.

Le taux de chômage est en baisse, passant de 9,1 % il y a un an à 7,8 %.

Impulsion aux investissements du secteur privé

Le ministre des Finances a proposé un large éventail d’initiatives fiscales, financières et réglementaires pour accroître les investissements productifs, les compétences et l’innovation dans les industries traditionnelles et émergentes et créer davantage d’emplois et d’opportunités entrepreneuriales dans le pays.

L’économie mauricienne a survécu à la crise du COVID grâce à une intervention gouvernementale d’une ampleur sans précédent – 32% de notre PIB – pour protéger les vies et les moyens de subsistance de la population.

Malgré deux confinements sanitaires et la fermeture des frontières pendant une période prolongée, le Gouvernement a réussi à sauver autant d’emplois que possible et à éviter des faillites à grande échelle.

Le gouvernement a fait tout son possible pour protéger l’appareil de production et la stabilité du secteur bancaire.

Il a ainsi créé les conditions d’une reprise économique progressive tout en maintenant très bas les risques de résurgence du COVID-19.

Le budget 2022-2023 relève, maintenant, un autre défi de taille. Il devra aider l’économie à naviguer une fois de plus dans des eaux tumultueuses. Il devra insuffler de nouvelles forces à l’économie face aux risques de stagflation mondiale résultant de la guerre en Europe.

La semaine dernière, la Banque mondiale a réduit ses prévisions de croissance pour l’économie mondiale en 2022 de 4,1 % à 2,9 %, en partant du principe que la guerre en Ukraine continuera de perturber l’activité, les investissements et le commerce et aura un impact négatif sur la demande mondiale.

La combinaison d’une croissance stagnante et d’une inflation élevée aura des conséquences néfastes pour les pays à revenu moyen et faible.

Étant donné sa forte exposition à l’économie mondiale, Maurice sera inévitablement touché par les canaux commerciaux, les flux de capitaux et les marchés financiers et des changes. Avec ce budget, le gouvernement agira sur tous les moteurs de croissance, c’est-à-dire les investissements, la production intérieure, les exportations et la consommation, pour maintenir l’activité économique à flot.

Les investissements d’aujourd’hui sont les emplois et la croissance économique de demain. Une croissance économique plus élevée, à son tour, attire encore plus d’investissements commerciaux, déclenchant ainsi un cercle vertueux de prospérité économique ainsi qu’un pouvoir d’achat plus élevé et une mobilité sociale plus rapide pour la population.

Les nouveaux investissements devraient provenir de tous les segments du secteur privé – PME, start-ups, entreprises de taille moyenne, grandes entreprises, mais aussi coopératives de pêcheurs, petits planteurs, agriculteurs et éleveurs.

Le budget n’a laissé personne de côté. Les attentes de tous les groupes d’opérateurs économiques ont été prises en compte. De plus, les mesures incitatives proposées attireront de nouveaux acteurs avec des projets bancables.

La transition verte

Le gouvernement élargit également l’espace des possibilités d’investissement. Jamais auparavant un budget n’avait autant mis l’accent sur la mobilisation des investissements dans les énergies vertes. Le paquet de mesures pour la transformation verte qui a été annoncé devrait générer des investissements privés d’une valeur de quelque 20 milliards de roupies au cours des trois prochaines années.

Selon les plans du gouvernement, le réseau électrique national accueillera quelque 200 MW supplémentaires de sources d’énergie renouvelables d’ici à 2025. Cela portera à 40 % la part des énergies vertes dans le mix.

Le gouvernement, pour sa part, développe des capacités supplémentaires de stockage d’énergie par batteries pour permettre une plus grande prise en charge des énergies solaire, éolienne et autres sources d’énergie intermittentes et les transformer en énergie de base sans mettre en danger la stabilité du réseau.

Cette transition verte est une activité à forte intensité technologique. Elle créera des opportunités d’emplois qualifiés allant de la maintenance des panneaux solaires à l’ingénierie électrique haut de gamme. En outre, le transfert de savoir-faire est très important, car de nombreux projets d’énergie renouvelable à grande échelle sont promus par des opérateurs étrangers ou font l’objet d’un partenariat avec eux.

L’île Maurice est en pleine phase d’apprentissage et se dote des capacités nécessaires pour faire face à l’avenir énergétique du pays, tout en remplaçant les combustibles fossiles et en réduisant les émissions de gaz à effet de serre.

Il existe également un énorme potentiel de démocratisation économique dans le secteur de l’énergie. Ce budget traduit dans les faits la volonté politique du gouvernement d’ouvrir la production d’énergie verte aux petites entreprises, aux planteurs, aux coopératives, aux ménages, aux écoles, aux ONG et aux organisations religieuses.

L’incident de Terragen est un signal d’alarme. Nous ne pouvons tout simplement pas laisser notre souveraineté énergétique entre les mains de quelques-uns.

Avec des tarifs d’alimentation attractifs de 4,20 roupies par heure, des prêts subventionnés pour l’achat de systèmes photovoltaïques par les ménages et le Carbon Neutral Loan Scheme pour le secteur industriel afin d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2030, le Green Transformation Package devrait changer la donne dans le paysage énergétique.

Transformer l’agriculture et l’industrie manufacturière

Le budget 2022-2023 prépare également le terrain pour une transformation de l’agriculture et de l’industrie manufacturière, deux grands secteurs qui peuvent rapidement accroître leur part respective dans notre PIB et dans la création d’emplois au cours des prochaines années.

Investir dans la sécurité alimentaire est devenu une priorité de la politique économique, en particulier dans les pays importateurs nets de produits alimentaires. Le gouvernement et le secteur privé travaillent ensemble pour atteindre une autosuffisance au moins partielle en légumes, poisson et viande et augmenter la substitution des importations pour les produits laitiers et une large gamme d’aliments transformés.

Afin d’augmenter la production alimentaire à Maurice, le budget propose un certain nombre d’initiatives à fort impact :

  • Un programme intégré de morcellement de l’agriculture moderne pour promouvoir une agriculture intelligente et innovante.
  • Un mécanisme de prix garanti pour les producteurs de pommes de terre, d’oignons et de haricots.
  • Des subventions et des prêts subventionnés pour les exploitations agricoles protégées
  • Des facilités de leasing préférentielles pour l’achat d’équipements
  • Des parcs agro-industriels à Henrietta et Rivière du Rempart
  • Cinq zones dédiées au bétail à travers l’île
  • Subvention de 50 000 roupies par arpent dans le cadre du plan de replantation de la canne et prêts subventionnés dans le cadre du fonds renouvelable pour la replantation de la canne.
  • Augmentation de la subvention pour l’acquisition de bateaux de pêche semi-industrielle de Rs 4 millions à Rs 6 millions
  • Six barachois pour la production de crabes et de récifs et quatre nouveaux sites pour l’aquaculture hors-lagune

Ce gouvernement reconnaît l’importance de revitaliser et de diversifier la base industrielle du pays. Le budget donne un nouvel élan au secteur manufacturier en vue d’augmenter la production locale et d’accroître nos exportations.

L’augmentation de la production nationale pour remplacer partiellement les importations est devenue une réalité inéluctable. Avec les perturbations de la chaîne d’approvisionnement à travers le monde et la hausse du coût des importations, nos usines devront augmenter leur production pour répondre à la demande intérieure de produits alimentaires et non alimentaires essentiels.

Il est vrai que dans le sillage de la libéralisation du commerce, nombre de nos produits locaux ont été éclipsés par des substituts étrangers. Nous devons donc les rendre plus visibles pour les consommateurs et les entreprises. Le ministre des finances a annoncé la tenue d’une “Semaine de l’industrie locale” et la mise en place d’une plate-forme d’exposition virtuelle qui aidera les producteurs locaux, y compris les PME, à atteindre un marché plus large.

Afin d’augmenter les exportations et de générer plus de devises étrangères dans notre économie, le budget soutient également les entreprises manufacturières avec l’extension du Freight Rebate Scheme et du Promotion and Marketing Scheme et la réduction des frais portuaires.

Connectivité maritime régionale

Mais plus important encore, le gouvernement propose une mesure audacieuse pour mettre en œuvre un service de connectivité maritime régionale qui aidera nos fabricants à développer le commerce dans le corridor Asie-Afrique.

Le gouvernement affrète deux navires collecteurs régionaux pour desservir les marchés d’Asie du Sud et d’Afrique de l’Est. À l’est, nous aurons “La Route de l’Inde” qui nous reliera à l’Asie du Sud, notamment à l’Inde, au Sri Lanka et aux Seychelles. Du côté de l’Afrique, nous aurons “La Route de l’Afrique orientale” qui desservira les pays d’Afrique de l’Est, notamment la Tanzanie, Madagascar et le Kenya.

Cette évolution majeure donnera un nouvel élan au commerce régional. Comme le sait l’Assemblée, nous avons signé le CECPA avec l’Inde et un ALE avec la Chine, et nous avons la tripartite COMESA-EAC-SADC qui renforce et approfondit l’intégration économique de la région de l’Afrique australe et orientale.

Nous savons que le manque de liaisons maritimes entre nos pays a entravé le commerce et l’intégration régionale. Grâce à ce service de navires, nos opérateurs pourront exploiter davantage de possibilités en matière de chaîne d’approvisionnement et d’exportation.

Les consommateurs, quant à eux, bénéficieront d’un choix plus large de produits en provenance des pays voisins.

Ce budget devrait créer une richesse réelle et durable pour le pays. Les mesures annoncées visent à augmenter le revenu national grâce aux investissements, à l’efficacité et aux gains de productivité. Cela signifie de meilleurs salaires et un meilleur pouvoir d’achat pour les travailleurs.

Le budget a créé un sentiment de bien-être tant dans le monde des affaires que dans la classe ouvrière. Il a ravivé l’optimisme malgré les défis mondiaux incessants.

Arjun Laksh

Économiste

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